Soumis par DORIANNE DAVID
Il y a des moments de suspense dont on se passerait bien. Pas besoin de films ou de séries : le vrai stress se vit maintenant à la caisse de l’épicerie.
On arrive avec un plan. Trois sacs réutilisables, une liste, et la ferme intention de ne pas dépasser le budget. On fait attention. On évite les extras. On choisit la marque maison.
On snobe même les poivrons rouges, rendus à un prix qui leur donne des airs de produit de luxe.
Puis les articles passent.
Le bip de la caisse devient un compte à rebours. À 100 $, ça va encore. À 200 $, on commence à jeter un coup d’œil discret à notre application bancaire… juste pour vérifier qu’on est toujours du bon côté de la réalité.
Aujourd’hui, acheter du beurre et du lait donne presque l’impression de faire une demande de financement – avec, idéalement, une approbation rapide.
On ne fait plus simplement l’épicerie. On calcule, on ajuste, on renonce. On remplace certains produits, on en laisse d’autres derrière, en leur promettant vaguement de revenir les chercher un jour, quand les temps seront meilleurs.
En sortant sur Brookdale Avenue, sac en main, une réalité s’impose : ici comme ailleurs, nourrir sa famille coûte de plus en plus cher.
Ce qui est troublant, ce n’est pas seulement la facture. C’est qu’on finit par trouver ça normal.
Dorianne David, de Cornwall, tient un blog intitulé L’armure de soi.
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